On rénove d'abord pour son confort et sa facture d'énergie. Mais il y a un troisième bénéfice, souvent sous-estimé : la valeur de votre bien. C'est ce que les économistes appellent la « valeur verte » : la plus-value (ou la décote) qu'un logement gagne ou perd à la revente uniquement à cause de son étiquette énergie, toutes choses égales par ailleurs.
La dernière étude des Notaires de France (décembre 2025), qui analyse plus de 550 000 ventes réalisées en 2024 à partir des bases notariales BIEN et Perval, met des chiffres précis sur ce phénomène. Et ils sont spectaculaires.
vs une classe D
vs une classe D
A-B et une maison F-G
Le DPE : rappel de l'échelle
Le Diagnostic de Performance Énergétique classe chaque logement de A (très économe) à G (très énergivore), selon sa consommation d'énergie primaire et ses émissions de gaz à effet de serre. Les classes F et G sont ce qu'on appelle les « passoires énergétiques ».
Combien vaut chaque classe ? Les chiffres 2024
L'intérêt de cette étude, c'est sa méthode : elle compare des biens identiques par ailleurs (surface, localisation, époque de construction, état, parking…). L'écart mesuré est donc bien celui de l'étiquette énergie seule, par rapport à un logement de classe D :
Un exemple concret
Prenons une maison qui vaudrait 250 000 € en classe D :
Entre cette maison en G et la même rénovée en C, l'écart de valeur atteint 80 000 €. C'est souvent plus que le coût des travaux — avant même de déduire les aides.
À l'échelle du marché, l'étude constate le même phénomène sur les prix réels : une maison ancienne de 90 à 110 m² très économe (A-B) se vend en moyenne 1,9 fois plus cher qu'une maison très énergivore (F-G). Pour les appartements de 50 à 60 m², le rapport est de 1,4.
Un écart qui se creuse d'année en année
Ce qui frappe le plus dans l'étude, c'est la dynamique. En 2021, la décote d'une maison G n'était « que » de −17 %. Trois ans plus tard, elle atteint −25 %. Même mouvement pour toutes les classes énergivores :
Côté plus-values, même accélération : la prime d'une maison classée A est passée de +10 % en 2021 à +17 % en 2024, et celle d'un appartement classé C a doublé (+3 % → +6 %).
Pourquoi ? Le calendrier réglementaire met la pression
Cette évolution n'a rien de mystérieux. Trois facteurs poussent les acheteurs à négocier durement les biens énergivores :
- 1.L'interdiction progressive de location : un bien F ou G perd son attrait pour tous les investisseurs locatifs.
- 2.Le coût des travaux : l'acheteur intègre d'office le budget rénovation dans sa négociation.
- 3.Le prix de l'énergie : une passoire peut coûter 2 500 à 4 000 € de chauffage par an.
À noter : les passoires représentent encore 15 % des ventes début 2025, et 40 % des logements vendus en 2024 sont classés E, F ou G. Le sujet concerne donc une très grande partie du parc.
Dans nos départements, la décote est encore plus forte
L'impact varie fortement selon les régions. Il est plus faible dans le Sud (climat doux, parc récent) et plus marqué dans le nord et le centre de la France — précisément là où nous intervenons. Décote maximale mesurée pour une maison classée G :
En Normandie, Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire, près d'une vente sur deux concerne un logement classé E, F ou G. Autrement dit : dans notre zone, la valeur verte n'est pas un sujet théorique, c'est un enjeu direct pour la moitié des propriétaires.
Comment faire remonter votre bien dans l'échelle ?
La bonne nouvelle : l'étiquette énergie n'est pas une fatalité. Les gains de classes se construisent avec des travaux ciblés, dans le bon ordre :
- ✓Isolation (murs, combles, planchers) : jusqu'à 25 % des pertes de chaleur passent par les murs et 30 % par la toiture. C'est le socle — souvent 1 à 2 classes gagnées.
- ✓Chauffage performant (PAC air/eau, chauffe-eau thermodynamique) : remplacer une vieille chaudière fioul ou gaz peut faire gagner 1 à 2 classes supplémentaires.
- ✓Ventilation (VMC) : indispensable pour préserver le bâti après isolation et garantir la qualité de l'air.
- ✓La rénovation d'ampleur combine ces gestes avec un objectif d'au moins 2 classes gagnées — c'est le parcours le mieux financé par MaPrimeRénov'.
La rénovation, un investissement patrimonial
Reprenons notre maison de 250 000 € : passer de G à C représente environ 80 000 € de valeur retrouvée. Une rénovation d'ampleur de ce type coûte souvent 40 000 à 60 000 € — dont une grande partie est prise en charge par MaPrimeRénov' et les CEE : jusqu'à 90 % pour certains de nos clients (voir nos réalisations, avec les montants réels d'aides obtenus).
Autrement dit : le coût réel des travaux, après aides, est presque toujours inférieur à la valeur qu'ils rendent à votre bien. Sans compter les économies de chauffage chaque année, et le confort au quotidien.
Source : Notaires de France — « La valeur verte des logements en France », analyse détaillée, décembre 2025 (transactions 2024, bases notariales BIEN et Perval, modèle hédonique « toutes choses égales par ailleurs »). Chiffres nationaux ; variations régionales détaillées dans l'étude.


